VIRB

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J'suis destiné à briller pas à m'éteindre.

HERE

22 years old

Copenhagen, Paris, Saint-Cast

Male

Une nuit à l'hôtel.

de DIMITRI ()

Lone Pine

Ils sont arrivés vers 16 heures. Depuis Yosemite, la route a été longue. La route est toujours longue, la route demain sera longue, encore et encore. Et dans une semaine la route encore sera longue, elle est longue pour elle, elle va être longue pour lui, pour eux. Demain, ils traverseront la Vallée de la Mort. Tout à l'heure, ils se sont baladés un peu dans la ville. Elle est un peu connue, beaucoup de westerns y ont été tournés. Dans tous les bars, tous les fast-foods, des portraits d'acteurs vieillis couvrent les murs. À Lone Pine, on n'est pas vraiment dans la réalité. Pourtant ce malaise rampant en elle, lui, est bien réel. Elle avait pensé plein de choses, elle avait cru que partir aux Etats-Unis pendant un mois, voir du pays, parcourir les routes, s'inscrire dans un autre quotidien, ça rafraîchirait le couple, la famille, l'atmosphère. Même pas durant les premiers jours, l'illusion n'avait fonctionné. Son mari vivait comme avant, rien ne changeait, forcément, ç'avait été stupide, faible, de croire qu'un mois changerait tout cela.
Il a accompagné les enfants à la piscine du motel. Ils sont partis de Yosemite tôt ce matin, ils se sont arrêtés pour déjeuner, dans un dinner où l'on entendait Britney Spears à la radio. Ils sont éreintés, le ventre lourd de fonctionner aux burgers depuis une dizaine de jours, le corps lourd de passer ses journées assis dans une voiture à se heurter constamment au paysage qui lui, défile. Les trois enfants jouent dans la piscine. Il y a très peu de monde. Le mari filme un peu. Il faut bien filmer tout ça, sinon comment reste-t-on heureux ? Comment se souvient-on que l'on a vécu telle chose, que l'on a eu telle chance, quand on en est si loin plus tard ? Il fait très chaud. Elle est restée dans la chambre, elle défait quelques bagages. Elle est enfin un peu seule. Elle s'assoit sur le lit deux places, où ils dormiront ce soir tous les deux. La chambre est sombre, dehors il fait pourtant si chaud, si lumineux. Assise là, elle est toute petite, au milieu des chambres, dans le motel, dans la ville passage, au milieu du désert, des montagnes lourdes. C'est difficile pour une mère, d'être toute petite. Elle a rencontré son mari il y a treize ans. Ils se sont mariés, très vite ; elle était très jeune. Ils ont eu un premier enfant, très vite aussi. Ils étaient amoureux. Elle trouvait en lui le moyen de s'émanciper, de s'affranchir de sa famille, bourgeoise, codifiée, stricte. Lui... c'était beaucoup trop pour lui forcément. Cela tenait du rêve, du miracle, donc de l'inexplicable. Lui, élevé dans une famille modeste, par elle, accédait à un autre monde. On pouvait parler d'élévation. Ils avaient travaillé, dur, ils avaient tout construit, fait des enfants, besogné, ils avaient vécu, comme il faut. Mais le temps, le Temps... le Temps est traître, on croit le contrôler, on croit être plus fort, mais tout s'effondre toujours. Au début quand on aime, on se voile les yeux, on ne le fait pas exprès, on est persuadé que l'on bâtit quelque chose d'indestructible, d'éminemment solide. Mais oui, le temps renverse tout, parce que tout est friable. Ce décalage social entre elle et lui était fécond à l'origine. Comme lorsque l'on découvre un pays différent du sien. Mais, le ludique est dans l'acclimatation. Une fois celle-ci effectuée, il ne reste rien au fond. On est seulement de nouveau installé, dans un autre pays. Et l'on commence à regretter sa terre d'origine. Elle avait regretté sa famille, son éducation, son environnement bourgeois. Plus âgée aujourd'hui, il faisait moins bon jouer les révoltées, il était temps de se ranger. Et son mari, habillé de tout son environnement sociologique, pesait aujourd'hui trop lourd sur elle, sur ses projets. Le décalage fertile était devenu source de maladie.
Pourtant, il est gentil. Il n'est pas trop gentil, parfois il sait être virulent, sévère ; avec ses enfants par exemple. Il est même très drôle, il se moque beaucoup des autres. Il n'est pas trop gentil, mais il est amoureux. Quand on n'aime pas, on est méchant. Elle sait bien qu'elle est méchante. Méchante de voir, de penser, de faire tout ça. Mais c'est inévitable. Il est trop rustre, il a des amis trop vulgaires. Elle ne peut plus supporter les journaux qu'il lit. Son humour, il ne la fait plus rire. Tous les matins, il prend du café, elle déteste ça. C'est absurde elle le sait, mais quelque part le café pour elle c'est le prolétariat ; rien avoir avec le thé qu'elle prend depuis qu'elle est toute petite. Elle en a marre de ne pouvoir s'offrir les vacances qu'elle souhaiterait. Elle a quitté beaucoup de ses anciennes amies, mais celles qu'elles fréquentent encore ont des maris différents. Ce genre de maris qu'elle voulait à tout prix ne pas avoir plus tard.
Il doit être 23 heures. Ils sont allés dîner dehors. Le plus petit a pleuré à table, il ne voulait pas marcher dans la ville après. Ils ont rencontré des Français, on en rencontre dans chaque ville américaine. Ils sont tous couchés désormais. Demain ils se lèvent tôt, ils doivent traverser la Vallée de la Mort, pour arriver à Las Vegas en fin de journée. Ils doivent encore faire des photos, et des films, et des sourires. Il prend sa main, sous le drap. Les enfants dorment. Ils ne font pas l'amour, il n'y a pas de porte, et le petit dort dans leur chambre. Parfois, de moins en moins, elle l'aime encore assez pour ne pas trop souffrir lorsqu'ils font l'amour. Mais un jour elle cèdera.
Alors elle va laisser encore le temps passer un peu. Elle sent que ses enfants sont un peu jeunes encore, ils seraient trop déstabilisés par une rupture aujourd'hui. Mais demain, l'été prochain, peut-être dans deux ans, ils auront mûri, ils auront appris. Elle sait qu'ils souffriront quand même, mais c'est inévitable. Alors elle le quittera. Elle ne pense pas à sa souffrance, elle ne veut pas y penser, elle ne veut pas se sentir coupable. Peut-être ne l'est-elle pas. Elle en parlera à son mari, il mourra à l'intérieur, ils iront l'annoncer à leurs enfants, ils se sentiront perdus, surtout, ils ne comprendront pas. Le couple se séparera, les directions se distingueront, violemment, mais cela se fera.
Les gens s'affolent, les esprits s'embrasent, les yeux rient, les yeux pleurent. Certaines personnes rebondissent, d'autres s'affaissent, et le temps, infatigable, le temps maintient son vol.

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oiu dimouche

Television

SECRET STORY.

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M a r t h e . says:

Greluche de mon coeur. tu me manques. ramène moi un danois en poche...

posted Sep 11


M a r t h e . says:

tu t'en bats les rheins mec! de toute façon, y'aura tellement de monde que tu n'auras pas besoin de passer la soirée avec. et puis gregouze risque d'être tellement méconnaissable qu'on pourra tjrs faire comme si... j'ai pas envie de te supplier mais sérieux, j'aimerais que t'y sois. ton furet.

posted Jul 17


M a r t h e . says:

meuf, je pense que je me pseudo déguiserais même. genre un "serre-tête" avec deux trois plumes dessus. ça fera l'affaire. jme serais bien déguisée en carottes mais il aurait fallu que je m'y prenne un an à l'avance, histoire que le papier mâché sèche. tu vois le topo. toi? des pistes? t'avances pour le truc de dom?

posted Jul 16


M a r t h e . says:

Dom est d'accord. "Je suis prêt à jouer le jeu ; au grand risque d'être surpris. Il me tient à coeur que l'on m'écrive un scénario ( 8 et 10 pages) sur un pickpocket et une pianiste qui se recontrent, se perdent et se retrouvent. Thème de la distance et du contact. Je tiens à rester vague pour lui laisser la place de tracer les grandes lignes. Très bonne idée Marthouille. Je suis à Paris jusqu'à mercredi, ensuite je ne reviendrai que fin juillet pour quelques jours avant de repartir tout le mois d'août. T'embrasse. Dom." Tout est dis.

posted Jul 9


M a r t h e . says:

posted Jul 9


COLINE says:

c'est à tmon tour d'briller donc j'en ai rien à foutre, tu peux toujours essayer de me barrer la route, je me sens bien, au sein des miens, De Boulogne à Suresne en passant par Rennes, Evry et Fresnes j'envoie des rimes pour ceux qui traînent ... ouai la honte c'est même pas mes rimes à oim, BOUH!!!!

posted Jul 8


cosmopoof says:

mec comment ta page elle est bleu... j'l'appelle le bleut-castin quoi!!

posted Jul 8


M a r t h e . says:

wopopop, et un nouveau mur dépucelé. j'espère que le code couleur te plait. s'il te débecte, n'hésites pas à me le faire savoir. j'essayerai d'y remédier. t'm t'm.

posted Jul 7