post a comment | posted Jun 17
En décembre 2004, le premier album de Dana Hilliot and his Friends secouait durablement quelques esprits jusqu'à s'imposer à eux comme l'un des disques de l'hiver. Moins ambitieux dans son exécution (les chansons sont à peu près toutes construites autour d'un piano fédérateur) et plus ramassé dans sa forme (25 minutes), ce second volet des aventures acoustiques de Dana Hilliot n'en est pas moins un beau disque, où l'on retrouve avec grand plaisir la voix traînante, solennelle dans son éternelle complainte, de cet homme énigmatique, à l'épanchement facile et touchant, aux confidences mêlées d'impudeur légère ("Looking for a Prostitute") et de laisser-aller cathartique ("Song for L"). De toutes ces confessions, l'auditeur se fait à la fois le réceptacle et le miroir. Au delà de toute volonté de paraître, d'impressionner ou d'accrocher l'attention, Misfit est l'une de ces mystérieuses réussites intemporelles qui rendent la musique tellement moins vaine que toute tentative de l'expliquer par des mots.