Rose béton.
C'est quoi une sale journée ? Une collègue qui part pas à l'heure, une connasse qui se gare là où elle devrait pas. Un abruti, qui coupe une priorité. Un retraité qui roule à 20 km/h juste parce qu'il en a le droit. Un jeune con qui roule à 130 km/h juste parce qu'il n'en a pas le droit. Un parking réservé à la clientèle et occupé uniquement par des administratifs. Des titulaires qui dorment en buvant le café. Des heures à attendre au téléphone qu'ils aient fini de le boire, un directeur qui attend vos stats que vous êtes dans l'incapacité de fournir parce que la personne boit du café. Une faute de frappe qui n'est pour les parties en présence, bien évidemment, que de ma faute et du retard... toujours du retard... des gens pas payés qui ne travaillent pas et ils ont raison. Des gens trop payés, qui bossent comme des fous mais qui ont sans doute mérités tous leurs tracas. Un coin calme où on a l'habitude de lâcher une caisse mais il se trouve qu'aujourd'hui c'est Gisèle qui en profite pour vous tenir la jambe sur ses prochaines vacances à Perros guirec. Un gratin dauphinois qui passe mal. Une envie d'aller pioncer alors qu'on nage dans la pisse et le pot de chambre pas vidé à plat ventre sous un lit crasseux au beau milieu de rien dans la campagne violente au sud du sud fatal. J'emmerde les fatigués du lundi matin. J'emmerde les vautrés de 14h30, les claqués vacanciers de trois semaines exténués dès leurs retours, les traînes-pieds aux piles de dossiers en attente, les faux culs politico-carrieristes qui adorent les gens. J'emmerde les prétentieux arrogants politiques à galons cirés et à l'oeil vitreux, qui profèrent leurs vérités à longueurs de journées et que l'on retrouve un verre de champ' à la main à la moindre occasion. J'emmerde les jeunes cons qui gravitent dans leurs sillages en espérant avoir les mêmes avantages qu'eux, en rêvant un jour faire partie de la grande et belle famille socialiste. J'emmerde les pseudos experts en informatiques qui bouffent dans le système et passent leurs temps à se demander comment en sortir alors qu'ils ne sont même pas conscients de leurs pauvres conditions d'esclaves volontaires. J'emmerde les ratatino-crétins qui ne disent bonjour que lorsque les RG les annoncent à la ramasse dans les sondages. J'emmerde les Jacky providence, bonimenteurs-harangueurs de foule du "venez chez moi : ça lave plus blanc" alors qu'à 38 ans ils ont de grosses traces sombres sur la raie du slip... J'emmerde la connasse qui bosse là où elle devrait pas, juste parce que son "cher et tendre" à mis de l'essence dans la voiture et même beaucoup d'essence... Je vous emmerde, vous, les quadras-quinquas, les heureux rescapés du système municipal "tralala la queue du chat", vous êtes les pachas de la pyramide qui donne des droits, le coeur de la fonction publique, vous partez bosser à pied, débauchez à pied, chez vous en 10 mn, dans le sud de la France. Certes vous n'êtes pas beaucoup payés mais le parisien smicard donnerait cher pour échanger votre boulot contre le sien. Vous êtes heureux et vous n'en êtes même pas conscients... J'emmerde le responsable "désolé c'est pas possible" sans même avoir ouvert le dossier, les conseillers "il est pas là, il reviendra lundi", les chargés de mission "il est en arrêt maladie, il avait trop mal au dos vous comprenez". Je ne vous aime pas parce que vous ne croyez plus en rien. Je ne vous aime pas parce que je crois qu'on peut malheureusement changer tout ça et mon idée ne vous plairait pas, je ne sais même pas si vous seriez motivés si on augmentait votre salaire en échange de plus de travail... Je vous emmerde tous autant que vous êtes. Je vous emmerde tous à croire que la frise du musée de mes fesses, la journée de mon cul et la saison cul-culturelle du service cul-culturel est certainement bien plus importante que d'essayer, je dis bien essayer, de faire vivre des vieux... plus longtemps... J'emmerde tous ceux qui percuteront un jour mais trop tard que c'est pourtant bien ce qui prime quand ils verront leurs mères ou pères cloîtrés sur un fauteuil mortuaire le cul bien vissé sur un nid de merde. Il lui fermera les yeux, arrêtera la pendule, dira que l'on n'a certainement pas fait notre boulot et ira boire un café. Priez ! Mesdames, Messieurs, Priez pour que rien ne bouge...
Goudron sucré.
Puisque j'ai dit ce que je n'aime pas, ce qui me pourrit la vie à longueur de journée et pour ne pas qu'on me stigmatise comme "un contre tout" de vieux con avant l'heure ou encore de frustré haineux dont la plume sent l'aigre, je vais vous dire à présent ce que j'aime par dessus tout dans une bonne journée. Une bonne journée ? c'est une fin de bilan comptable où l'expert pose votre dossier en disant "bon et bien je pense qu'on a bien travaillé là non ?" C'est un mercredi soir à galoper autour d'un cercle vert sur lequel je crache des vestiges de Winfield 30 rouges en parvenant enfin à sentir l'odeur du gazon humide, c'est le vent frais qui claque mes joues quand je roule la fenêtre ouverte sur des champs agrippés à des coteaux. J'aime les côtes d'un pays qui à des bordures, j'aime les vues de cette putain de ville la nuit comme le jour, j'aime notre église et son clocher atypique, j'aime notre petit marché qui fleure bon le cèpe de saison ou la Gariguette. J'aime boire le café au milieu de vous et vous regarder affairés, pressés, tout sourires ou grimaçants mais toujours bouillants de vies. J'aime la vie au coeur de ma cité H.L.M malgré tout, pour sa vie, pour sa solidarité, parce que comme une mère nourricière, elle protège en son sein les plus fragiles et les moins gatés, je l'aime pour ces enfants qui jouent au ballon sur une pelouse fraîchement tondue, pour ma mère qui n'est jamais seule. J'aime ce furieux soleil, qui écrase le sud fatal dans ces étés suffocants parce qu'il rend les femmes diaboliquements belles. J'aime les apéros interminables quand la rue respire enfin sous des terrasses ombragées. J'aime la première gorgée de bière (comme dirait Delerm père) parce qu'elle allège le poids du travail. J'aime 17h30 parce qu'elle me fait me sentir libre. J'aime cette route qui mène encore vers de vieux souvenirs, d'anciennes vies, qu'elle mène aussi bien à une ferme qu'à une maison-école, j'aime penser que j'ai été utile aux autres. J'aime me dire que j'ai eu plusieurs chances. J'aime l'idée de vieillir et je bénis le temps qui petit à petit burine la peau. J'aime ta peau qui caresse si amoureusement la mienne, j'aime ton rire qui apaise et calme à chaque fois mes bouillonnements, cette voix qui soigne et qui pardonne trop souvent à ma place. J'aime les gens du sud parce qu'ils ont le sang sous le béret, des hommes volontaires et généreux qui règnent le long du fleuve. J'aime savoir que la mer et la montagne sont à mes côtés et que je peux m'y réfugier pour serrer un arbre, plonger dans du bleu et y dormir paisiblement sous un cyprès quand viendra l'heure. J'aime la vie qu'on nous propose, j'aime la solitude parce qu'elle nous aide à accepter le fait qu'on est toujours seul et cela du berceau à la tombe. J'aime me dire que j'ai connu beaucoup de gens, que j'en ai aidé beaucoup. Tout le temps, chaque jour, passionnement, du fond de moi, de tout mon être et depuis toujours : aider les autres. J'aime tous ces jeunes à l'esprit fécond qui m'émerveillent chaque jour à créer autant de fantasques circonvolutions et cela dans le plus grand champs du possible. J'aime prendre un micro et le dire, ouvrir un livre et l'écrire, s'approcher d'une fenêtre et le crier, j'aime la liberté de penser et d'agir dans ce pays. J'aime mourir d'être trop honnête et reconnaître être trop lâche pour le faire. J'aime la vérité. J'aime les vérités et les serments habiles proférés à la bougie, les promesses éternelles des amants d'un soir. J'aime les hommes droits qui se fâchent de n'être pas assez hypocrites. J'aime le vendredi soir et le calme d'une libre antenne, j'aime penser que les ondes portent ma voix jusque chez vous, qu'elle passe votre porte, contourne les murs, s'immisce partout et propage le message d'une vie qu'on est l'obligation de dévorer jusqu'au trognon et de projets sucrés, gorgées d'envies, de découvertes et de révoltes pour des demains plus glorieux, j'aime l'idée que ma démarche portera l'espoir des générations fécondes qui prendront la relève. J'aime penser que la parole est une arme qui transperce tous les blindages et même les coeurs les plus durs. J'ai aimé vous côtoyer dans chaque démarche, dans chaque manifestation, dans chaque concert où j'ai été très fier de porter haut vos couleurs et de hisser votre drapeau noir aux nobles idéaux. Votre cause est juste même si vos actions sont encore un peu gauches. J'ai été heureux de vivre ça avec vous, d'avancer ensemble portés par un projet commun. J'ai aimé participer et contribuer à ce que les jeunes puissent voir, sur le plus beau des écrans, une équipe de foot se hisser au plus haut sommet dans une fête et une communion populaire, j'aime me dire qu'il faut plier l'échine et couper le blé pour savourer la fête. J'aime les longs repas où les mots claquent comme des balles de ping pong et où le rire sain fait rougir les dames autour d'un verre d'alcool. Nager dans du noir, ramper dans du vert, tapis au fond d'un bois à contempler la nature. La terre est belle, ma ville est claire, mon coeur est plein et riche de vous. A chaque seconde, à chaque frisson je suis libre, je suis cent, je suis mille, je respire, je suis libre. Je suis libre de me coucher dehors près d'un lac, un soir d'été et d'écouter le soir qui arrive. L'avenir est doux et chaud d'ailleurs il aura tes yeux. Une vielle radio où coule "Stand by me", Babybird et "die laughing", le crépuscule moite d'un soir de juillet, sentir ta main, te dire que les méchants il n'y en a pas et qu'ils ne peuvent rien contre nous puisque ce soir même le temps ne peut nous atteindre...
Nous sommes deux, nous sommes un, nous sommes libres.
Libres.
Lullaby, à pour but de ne diffuser, exclusivement que, des jeunes artistes, des musiques amplifiées, alternatives, qui ne passent pas ou trés peu en radio
Sirkis, Troy Balthazar, Howlin poetry, En suivant, Rodeo massacre, Darko, Mura Hachigu, Klaxons, Mansfield Tya, Neimo, Popklub arsenal, Charles Baptiste, Coming soon, Digitalism, Bunker palace Hôtel, TV guests, Killadahype, Anatomie Bousculaire, Justice, Kavinsky, Darko (pas Darkel), Radiosofa, autour d'elle, Damfortune, Katel, Alice the Goon, Howlin poetry, Mura Hachigu, Maarten, your happy end, Dirge, Melodicalmess, Bunker palace hotel, microfilm, Hitch, Moon reapers, semyorka, Peppermoon, Porcelain, Fred Jimenez, Daria, A singer must die, Lucid Ann, That fucking tank, Pilot to gunner, I hate your freedom, Last letters, Drive like Jehu, the wardens, god fires man et lug-na, skynny puppy, nine inch nails, interpol, new order, placebo, REM, Datarock, Zebra, Does it offend you, yeah ?, El Perro del mar, Tender forever, Polar, the Sunshine underground, Twelve monkeys, Metronomy, Thomas fersen, assassin, Cali, Nosfell, the Shins, les Yves, Cactus farmers, Lojay, les ragnagnoks, la rue ketanou, the Bishop, Luke, deportivo, klub des loosers, TTC, kourtrajme, alain souchon, the faint, queens of the stone age, Editors, beastie boys, wu tang clan, NWA, Ice cube, Snoop dogg,
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le pire des mondes, superstars, dansons sous les bombes, ce siecle aura ta peau, les corps exquis, les peaux transparentes, glamorama, survivor, l'annuaire.Jérôme Soligny, les seigneurs du chaos, et tout un tas de bios à la con...
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posted May 22