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La nouvelle en contrepèterie... Preview ^^

post a comment | posted May 8

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, chers députés, bonsoir.

Je ne doute nullement que nombre d'entre vous savent ce qu'est une contrepèterie, et que la plupart même maitrisent cet art avec brio. Toutefois, juste au cas où, en guise d'introduction à ma nouvelle fantaisie du jour, voici quelques mots d'explication.

Contrepèterie n. f.: jeu d'esprit et de langage consisant à écrire une phrase qui, si l'on permute au moins deux lettres ou des syllabes qui la composent, produit une autre phrase de sens différent (si possible coquin, ou même voire obscène). C'est aussi l'art de délasser les cons... euh, décaler les sons!

Bref... toujours est-il que, sans prétendre être un "ninja du verbe", comme disait mon ami Booly, j'ai décidé de rédiger une courte nouvelle presque exclusivement composée de contrepets.
Cette histoire a pour thème une étrange façon de concevoir la vie militaire, dans un campement bucolique où l'on ne recrute que de jeunes éphèbes issus des classes aisées...
En primeur pour vous, en voici un extrait, non décodé, pour respecter la règle du jeu et aussi celle de la décence!
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LE VIEUX QUI VEND DE LA SERGE

Grisé par les pétillantes frippes qu'il s'était fait faire la veille, le soldat Kohl s'en allait en dansant comme un ballot admirer les beautés de site.
S'installant avec ravissement dans ce qu'il était tenté d'appeler le verger des muses, il vit venir un petit vieux qui vendait de la serge et l'interpela:
- Ohé, cher monsieur! Comment pouvez-vous donc vivre de cela? (Il remarqua une pitoyable saucisse sèche accrochée à la ceinture du vieil homme.) Et comment peut-on diner avec si maigre part?
- Ce n'est pas depuis toujours que je vends de la serge, non non! J'ai beaucoup voyagé en tant que militaire. Nous sommes ici en France, et je suis arrivé à pied par la Chine!
Le vieil homme sourit et, à l'idée que lui aussi il pourrait un jour voir cette fameuse Chine, le jeune homme fut envahi d'une étrange pâleur. Il laissa son inconnu poursuivre.
- Mais j'en ai vu d'autres encore; j'ai toujours l'Afrique en tête, voyez-vous. Mes ces canicules que j'ai connues là-bas n'ont rien pour m'emballer, et dans les rangs de mes généraux, je serrais fier et haut mon glaive nu des heures durant! Ah, la jeunesse, tout cela est aujourd'hui bien loin...
Très inconfortablement assis, Kohl se rajusta sur son séant et eut un soupir.
-J'aimerais tant rentrer chez moi, vous comprenez? L'armée c'est très bien, mais... Dans notre ferme-château, à la campagne, je peux percevoir dans ma couche les mouvements massifs des boeufs. Mais ici... (Il songea à Pavlov.) Ici, il n'y a que ce terrible mondain qui s'insinue entre les riches! à vous dégoûter de nos pourtant nombreux privilèges, comme l'uniforme ou le chic des bottes!
Le vieil homme aquiesça avec une approbation désespérée et fit une petite révérence:
- Je dois vous laisser, jeune homme, car quelque chose me dit que le bar que je tiens, ce soir sera bondé. Et je sais que mes habitués, en l'absence de ma régulation, ont une curieuse manière de défoncer les fûts...
Le jeune soldat sourit.
- Chez nous, l'on appellerait ça une masse de perturbateurs juste bons à se coucher sur la touche quand on a besoin d'eux. Bon vent, vieil homme!
Ravi de cette rencontre et glorieux, Kohl s'étendit dans les herbes folles et s'endormit.
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